Le monde elfique d'Amras Anárion

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Petite frise elfique noire


  Chapitre I : La libération du Dragon et de sa Fille


  Le jour de son quarante-septième anniversaire, lorsque la sentence impériale sera sur le point de s’abattre sur l’Élue, le Dévoreur de Mondes apparaîtra et la sauvera de la mort, scellant ainsi son propre sort.
  La véritable Quête de la Fille de Dragon commencera. Ses pouvoirs s’élèveront et le don de la Connaissance d’Akatosh lui sera accordé. Tels les autres Élus de Nirn, elle possèdera une grande facilité dans l’apprentissage de ses talents et aura la faculté de débloquer tous leurs secrets. Ainsi, elle trouvera la force pour combattre les nombreux ennemis qui s’opposeront à sa destinée. À jamais, le Dieu Dragon la protègera de la Mort.


Frise Dragon Skyrim


  Le Rêve d’Akatosh


  Inconsciente, mon esprit s’envola dans le paradis de l’Aetherius. Après avoir longtemps erré dans ce rêve éthéré, une apparition divine en forme de Dragon finit par se matérialiser devant moi. Sa voix m’était familière…


Akatosh éthérique


 – N’ai pas peur, c’est moi Akatosh. Écoute-moi Fëalóciel, il ne reste plus que toi pour mener ce combat. Tu es tombée dans cette embuscade pour y mourir, mais jamais tu ne trépasseras. Tel un caillou qui provoque l’éboulement d’une montagne, ta venue en Bordeciel vient de libérer une antique force d’une puissance insoupçonnable. Par la puissance des Anciens Parchemins, ce pouvoir te délivrera, scellant ainsi son propre sort.

  Sache que désormais, je te fais don de ma Connaissance. Tu deviendras l’une des plus puissantes combattantes de l’Arène, aussi bien dans les voies du Guerrier, de la Furtivité que de la Magie. Si tu persévères dans l’entrainement de tous tes Talents, tu pourras en maitriser tous leurs secrets.

  Afin que tu puisses survivre à ta première Quête, je te fais déjà don des premières compétences en Magie, domaine pour lequel tu as reçu un don inné. Cependant, cela ne sera pas sans contrepartie. Tes ennemis seront redoutables et ne te feront aucune pitié. Tu devras faire preuve de l’intelligence et de la tactique d’un Maître pour venir à bout de tes adversaires.

  Enfin, sache que tu possèdes un dernier pouvoir lié à la lignée des Septims. Un pouvoir insoupçonnable que même ton père n’avait pas. Tu l’as reçu de mes mains lorsque le Héros de Kvatch t’eut bénie avec mon Ancien Parchemin. Il te sera révélé lorsque tu auras pris pleinement conscience de ta destinée.

  Qu’à jamais, mon Pouvoir Temporel te protège des ailes de la mort ! Maintenant, va ma Fille au Sang de Dragon. Accomplis ta Prophétie !


  Après ce rêve, je repris mes esprits très lentement. Ma vision troublée mis une bonne minute à redevenir limpide. Alors, je me rappelai que j’étais attachée à cette maudite charrette, prisonnière des Impériaux.


  Ralof remarqua que j’été sortie de ma torpeur :

 – Enfin, te voilà réveillée. Cela fait plus d’une heure que tu t’étais assoupie. Il faut croire que tu n’aurais pas dû traverser la frontière. En nous ayant rencontrés toi et ce voleur, vous avez foncé tête baissée dans cette embuscade que les Impériaux nous avaient réservée.

  Lokir – qui lui avait repris connaissance depuis un certain temps – semblait indigné.

 – Maudits Sombrages ! Tout allait bien avant votre arrivée. Bordeciel se portait à merveille. S’il n’y avait pas eu votre rébellion, je serai déjà arrivé à Lenclume. Les soldats impériaux auraient été moins vigilants et j’aurai pu leur voler ce cheval ! Mais en plus, il a fallu que je croise votre chemin – vous que la Légion recherchait à tout prix – tombant ainsi dans l’embuscade qui vous été destinée.

  Le paysan se tourna ensuite vers moi :

 – Elfe, nous n’aurions jamais dû être capturés avec ces Sombrages. Ce sont eux que l’Empire veut, pas nous !

  Ralof répliqua :

 – Nous sommes tous des fils et filles de Bordeciel, unis face à l’oppression impériale !

 – Silence derrière ! beugla le cocher impérial. Nul doute qu’il n’eut point apprécié la remarque du capitaine sombrage.


  Lokir reprit à voix plus basse, pointant le noble Nordique :

 – Et cet homme bâillonné, pourquoi il est là ?

 – Il s’agit de mon maître Ulfric Sombrage, le vrai Haut-Roi de Bordeciel !

 – Ulfric, le Jarl de Vendeaume en personne ? Je n’arrive pas à le croire. Le chef de la Rébellion lui-même ! Mais puisque les Impériaux vous ont capturé… Par les Divins, où nous amènent-ils ?

 – À Sovngarde mon frère ! N’as-tu pas entendu l’ordre d’exécution du général ? Il est vrai que tu étais inconscient au moment où ils t’ont hissé sur le charriot.

 – Non, c’est impossible ! Je vais être exécuté ! Non !


Tullius nous amène à Helgen 1


Tullius nous amène à Helgen 2


  Après un silence de mort, Ralof tenta de détendre l’atmosphère :

 – De quel village viens-tu Lokir ? Il me semble que la capitaine impériale a dit que tu étais originaire de Rorikbourg, non ?

 – Oui, je suis bien et bel de Rorikbourg... Pourquoi cette question ?

 – Avant de mourir, un vrai Nordique dédie ses dernières pensées à sa famille…

  Après cela, Lokir et Ralof restèrent silencieux, méditant probablement sur leur foyer. En même temps, le Général Tullius donna l’autorisation à sa capitaine de prendre de l’avance afin d’informer les villageois de leur arrivée imminente.



  L’Exécution


  Un quart d’heure plus tard, le village d’Helgen fut en vue. Un soldat impérial accouru et s’adressa au convoi :

 – Général Tullius, chef ! Le bourreau est prêt. Il vous attend avec la Capitaine Impériale.

 – Bien, dépêchons-nous d’en finir, car je me doute que des Sombrages rôdent dans le coin… Je dois m’assurer que notre invité de marque n’échappera pas à sa décapitation. Convoquez les villageois à la grande place et assurez-vous qu’une garnison surveille chaque entrée d’Helgen. Tant que le Jarl ne sera pas mort, personne ne devra sortir.

 – À vos ordres ! Je vais fermer les portails et rassembler les villageois afin qu’ils puissent admirer l’exécution du plus grand ennemi de l’Empire !


  Notre convoi finit par franchir les portes d’Helgen, aussitôt scellées après notre passage. Lokir, voyant l’issue fatidique approcher inéluctablement, adressa une prière aux Dieux. De son côté, le Général s’isola rapidement pour converser avec une noble Altmer à cheval, protégée par deux gardes du corps du Thalmor. Ralof remarqua ce détail :

 – Regardez-moi ça ! Le Général Tullius, notre Gouverneur militaire, semble être de mèche avec les Thalmors. Satanés Elfes ! Je parie qu’ils ont joué un rôle dans notre capture !


  Après un silence, il reprit la parole.

 – Nous voici donc à Helgen, bourg de la Châtellerie d’Épervine. Autrefois, j’avais courtisé la fille de Vilod, le chef du village… À cette époque où je n’étais encore qu’un adolescent, les Impériaux et leurs tours me donnaient un sentiment de sécurité. C’est amusant de penser que c’est tout l’inverse désormais.


  Tandis que les charrettes nous menaient sur la place de l’exécution, des dizaines de villageois s’amassaient autour. Un enfant fut particulièrement intéressé par la scène, mais son père lui ordonna de rentrer à la maison.


  À côté du bourreau, nous reconnûmes la Capitaine Impériale. Elle ordonna à nos cochers de stopper les charriots à côté du mur puis de nous faire descendre.

 – Pourquoi nous arrêtons-nous ? demanda Lokir.

 – La fin du voyage ! répondit Ralof. Allons-y. Ne faisons pas attendre les Neuf Divins.

 – Non, attendez… Je ne suis pas un rebelle !

 – Affronte la mort avec courage camarade.

 – Vous devez leur dire ! Je ne suis pas des vôtres ! Je suis innocent !

  Discrètement, je lui répondis :

 – Si, tu as tenté de leur voler un cheval !

  Honteux, cela eut pour effet de le faire taire.


  Une fois tous descendus, la Capitaine Impériale annonça :

 – Avancez en direction du billot quand vous entendrez votre nom. Un seul à la fois.

  Ralof railla :

 – Ah, l’Empire adore ses satanées listes !


  Un officier Impérial nommé Hadvar reçut de sa collègue la liste des huit condamnés. Il les énuméra :

 – Ulfric Sombrage, Jarl de Vendeaume.

  Discrètement, Ralof salua son maître pendant qu’il s’avançait.

 – Ralof de Rivebois.

  À son tour, il s’avança devant le billot.

 – Lokir de Rorikbourg.

 – Non, je ne suis pas un rebelle ! Vous n’avez pas le droit !

  C’est alors qu’il tenta de s’enfuir. La Capitaine Impériale réagit immédiatement !

 – Halte vermine criminelle !

 – Vous n’arriverez pas à me tuer ! clama-t-il.

 – Alors qu’il le paye de son sang ! Archers, abattez-le !

  Une demi-douzaine de Gardes Impériaux se mit à le viser. Deux secondes plus tard, il s’écroula net sur le sol, transpercé de six flèches.

 – D’autres volontaires pour s’enfuir ? lança-t-elle à l’adresse des autres prisonniers.


  Je ravalais ma salive. L’officier appela les quatre autres soldats Sombrages… Je fus la dernière. Mon tour finit par arriver.

 – Vous là, avancez !


Je m'avance vers Hadvar


  Tandis que je m’exécutais, Hadvar se sentit gêné : mon nom n’apparaissait pas dans son registre.

 – Étrange… Contrairement à ce qui est mentionné ici, vous n’êtes pas une Nordique. Qui êtes-vous ?

 – Je me nomme Fëalóciel, Haute-Elfe d’Alinor, fille d’Ancalë et d’Elenwen.

 – Humm… On ne vous a jamais vu sur nos terres. Vous n’êtes ni de Bordeciel, ni de l’Ambassade du Thalmor… Capitaine, que fait-on ? Elle ne figure pas sur la liste !

 – Oubliez la liste. Tout comme Lokir, elle accompagnait le Jarl de Vendeaume et est donc une rebelle à nos yeux. De plus, elle avait tué l’un de nos soldats lors de l’assaut. Par conséquent, elle rejoindra le billot comme les autres !

 – À vos ordres Capitaine !

  Puis il se tourna vers moi.

 – Désolé… Bien qu’au fond de moi, je sens que vous n’y êtes pour rien dans cette histoire, je suis obligé de m’en tenir au témoignage du Général et de sa Capitaine. Je m’assurerai que votre cadavre soit renvoyé à l’Archipel de l’Automne. Maintenant, suivez la Capitaine !


Devant le billot à Helgen


  Je rejoignis le groupe des sept autres condamnés. Devant tous les villageois rassemblés spécialement pour assister à l’exécution, le Général Tullius savoura ce moment de gloire :

 – Habitants d’Helgen, voici le traître Ulfric Sombrage, le Jarl qui a assassiné Torygg, notre Haut-Roi bien aimé. Certains d’entre vous le prennent pour un héros, mais sachez qu’un vrai héros n’utilise pas un pouvoir comme celui de la Voix pour assassiner notre souverain et usurper son trône !

  Le supplicié émit un gémissement, mais il ne put protester à cause de son bâillon. Le Général se tourna vers lui et poursuivit :

 – Vous, Ulfric Sombrage de Vendeaume, êtes accusé du crime de Haute-Trahison. Vous avez provoqué une guerre civile en Bordeciel, plongeant notre province dans le chaos. Ainsi, je vous déclare coupable ! Selon la Loi de l’Empire édictée par Sa Majesté Titus Mede II, le châtiment pour un tel crime est la mort. Par conséquent, j’ai ordre de vous exécuter avec vos compagnons ! Ainsi, je rétablirai la paix impériale sur cette terre…


  Il fut interrompu par un lointain cri glacial.

 – Quel était ce bruit ? demanda Hadvar. Les villageois s’inquiétèrent. Tullius rassura l’assemblée.

 – Ce n’est rien. Capitaine, que les condamnés soient exécutés !

 – Oui Général Tullius. Prêtresse d’Arkay, accordez-leur leur ultime prière.


  Une fille encapuchonnée s’avança à côté du billot, leva les bras vers le ciel et clama :

 – Nous recommandons vos Âmes à Aetherius. Que les Huit Divins vous bénissent, car vous êtes le sel et la terre de Nirn, notre bien-aimée…

 – Pour l’amour de Talos, taisez-vous, implora un soldat Sombrage. Qu’on en finisse tout de suite.

 – Comme vous le voudrez, répondit la prêtresse.

  Après que la servante d’Arkay eut rejoint l’assemblée, la Capitaine s’empara du prisonnier et l’amena devant le bourreau qui affutait une dernière fois sa hache.

 – Allez, je n’ai pas toute la journée ! lança le condamné.

  La Capitaine lui posa la tête sur le billot. Dans une ultime raillerie, le rebelle fit remarquer aux Impériaux que ses ancêtres lui souriaient contrairement à eux. Mais il n’eut le temps d’en dire plus : le bourreau le décapita aussitôt. Un mélange d’indignation et de joie parcourra les villageois.

  L’une des prisonnières jura :

 – Chiens d’Impériaux !

 – Justice ! répliqua Vilod, le chef du village. Sa femme, Ingrid, rajouta :

 – Mort aux Sombrages !


  Ralof admira le courage du premier supplicié et souhaita à Sovngarde de l’accueillir chaleureusement. C’est alors que la Capitaine Impériale me désigna :

 – Maintenant, à vous Elfe !


  Le même bruit lugubre se fit à nouveau entendre.

 – Ça recommence ! Vous avez entendu ? Hadvar commençait sérieusement à s’inquiéter, tout comme les villageois. Les Impériaux durent calmer l’assemblée.

 – Silence ! intima la Capitaine. J’ai dit au suivant ! Que l’Elfe soit exécutée !

 – Allez, au billot ! Et dans le calme je vous prie, m’ordonna Hadvar.



  La bénédiction d’Alduin


  Un soldat impérial me traina de force devant le bourreau. Non, non, ce n’était pas possible ! Akatosh, si tu me protèges vraiment, aide-moi !

  C’est alors que le cri étrange se répéta une troisième fois, plus fort qu’avant. Au moment où ma tête fut plaquée sur le billot, je vis du coin de l’œil une grande ombre voler dans le ciel.


  Cette fois-ci, Tullius lui-même fut pris d’un doute.

 – Mais qu’est-ce c’est que ça ?

 – Sentinelles, que voyez-vous ? demanda la Capitaine.

  Horrifié, un soldat impérial clama :

 – Là-haut, dans les nuages ! Regardez !


Alduin arrive


  Alors, une noire et grande créature ailée atterrit avec fracas sur la tour située derrière le bourreau, le faisant trébucher au moment où il s’apprêtait à abattre sa hache sur moi.

 – Par tous les Dieux ! Un Dragon ! Comment est-ce possible ?


  Une voix puissante en provenance du monstre se fut entendre dans mon esprit :

 – Yol Bah Lok !

YOL Bb LOK

  Cette incantation transforma subitement le ciel : dans un décor apocalyptique, une pluie de rochers en feu s’abattait sur nous ! Mon bourreau fut la première victime de cette furie céleste,  un caillou ardent lui étant tombé en plein sur la tête !


  Cela sema la panique la plus totale à Helgen. Devant cette vue terrifiante, les villageois fuirent dans tous les sens en hurlant.

 – Ne restez pas plantés là ! Tuez cette horreur ! clama Tullius. Puis à d’autres, il ordonna :

 – Gardes, conduisez les villageois en sécurité ! Ouvrez les portes afin qu’ils puissent fuir !


  De son côté, Ralof fit remarquer à ses amis que cela était une bénédiction :

 – Hé camarades, debout ! C’est une chance unique que les Dieux nous offrent !


  Pour ma part, ma vision se troubla pendant une quinzaine de secondes. Ma tête tournait. Je ne savais plus où j’étais. Heureusement, Ralof m’aida à me relever après avoir délié les liens de son Jarl.

 – Allez Fëalóciel, avec moi ! Allons dans la tour !

  M’épaulant, il m’aida à me mettre promptement à l’abri. Ce fut juste : une seconde de plus et des rochers brûlants se seraient abattus sur nous.


  Une fois le seuil de la porte franchi, Ulfric la referma sans tarder… Ce qui se voyait à travers les meurtrières était effroyable. Regardant autour de moi, je constatai que sur les huit condamnés que nous fûmes, seuls six avaient pu atteindre la tour. Cependant, deux des trois soldats d’Ulfric étaient grièvement blessés : ils ne survivront pas.

  Ralof déplora :

 – Jarl Ulfric ! Qu’est ce dont que cela ? Les Légendes auraient-elles dit vrai ?

 – Les légendes n’incendient pas des villages entiers ! Nous devons fuir au plus vite !

 – Alors trouvons une issue en haut de la tour ! Je crains que les rochers du Dragon n’aient bloqué la porte !


  Nous dûmes abandonner les deux Sombrages au bord de la mort. Quant au troisième, Ulfric ordonna qu’il monte en premier. Je le suivis de près. Une fois au premier étage, il constata l’impasse.

 – Il faudra dégager ces rochers si nous souhaitons continuer.


  Alors, le mur derrière lui s’écroula, laissant apparaître la tête du Dragon. Une fois de plus, j’entendis par la pensée l’incantation que la créature “disait” :

 – Yol Toor Shul !

YOL ToR SHUL

  Un flot de flammes ardentes jaillit de la gueule du monstre, ne laissant aucune chance au Sombrage enseveli sous les gravats. Après quoi, il décolla aussi vite qu’il avait atterri. Heureusement que je n’avais pas suivi le soldat de trop près !

 Ralof me rejoignit.

 – Le Dragon a créé un trou dans le mur : profitons-en pour nous enfuir en sautant sur le toit de cette auberge.


  Prenant mon courage à deux mains et sous les encouragements de Ralof, je fis le grand saut. Atterrissant sur le premier étage du bâtiment en ruines, je trébuchai à cause de mes mains attachées, me blessant légèrement. Cependant, le cri du Dragon me rappela qu’il nous menaçait toujours. Je me relevai donc tant bien que mal pour quitter ce bâtiment au plus vite.


  C’est alors que j’entendis Gunnar, l’aubergiste du village, implorer son fils de quitter la route : le Dragon allait attaquer ! Hadvar ordonna la même chose à l’intention de tout le monde.

  Il s’en fut de peu. Haming, le garçon, échappa de justesse aux flammes du Dragon. Cependant, un homme du nom de Torolf n’eut pas cette chance.

 – Gunnar, veille bien sur ton fils. Il faut que je retrouve le Général Tullius ainsi que les défenses impériales.

 – Que les Huit Divins vous guident Hadvar !


  L’officier remarqua ma présence.

 – Vous êtes encore en vie ? Si vous voulez que ça continue, restez près de moi : je connais le moyen d’échapper à ce monstre.


  Je m’exécutai. Autour de moi, des dizaines de soldats impériaux arrosaient de flèches le Dragon.

  C’est alors que le monstre se posa sur le mur juste devant moi, faisant trembler la terre lors de son atterrissage.

 – Yol Toor Shul !

YOL ToR SHUL


  Heureusement qu’il ne nous avait pas vus. Avoir longé les murs comme me l’avait indiqué Hadvar fut salutaire. Après cela, le monstre redécolla.

 – Allons-y, c’est le moment d’avancer !


  Nous courûmes à l’endroit où le Dragon avait lancé son brasier, passant à côté d’une dizaine de corps calcinés. Quelques secondes plus tard, nous arrivâmes au grand croisement du village. Sous les ordres du Général Tullius, douze Mages de Guerre Impériaux épaulés par une vingtaine d’archers ne laissèrent aucun répit à l’ennemi volant. C’est alors qu’il redoubla d’ardeur et fit d’incroyables valses aériennes, esquivant la plupart des projectiles et boules de feu. Les Impériaux désespéraient. Ce monstre ne sera-t-il donc jamais blessé ?


  Au milieu d’eux, je reconnus Vilod, gravement blessé. Un Soldat Impérial tenta le prendre pour le mettre à l’abri.

 – Dites à ma famille que j’ai vaillamment combattu…


  Hadvar arriva à point pour remotiver les troupes.

 – Courage fils de l’Empire ! Combattez jusqu’à la mort !


  Mais au fond de lui, l’officier sentit que ce fut sans espoir. C’est pour cela qu’il ne combattit point. Il me confia :

 – Nous n’avons aucune chance de vaincre ce Dragon. Il vole trop vite. Fuyons au Donjon ! Là-bas, nous pourrons emprunter un souterrain qui nous permettra de fuir Helgen sans craindre ce monstre.


  Captivée par la scène, je m’arrêtai, suivant de mes yeux la créature céleste en dépit du danger. Quelque chose m’attirait en lui. Alors que je n’avais jamais entendu une telle langue, les mots incantés par le Dragon me semblaient familiers … Je ne saurai l’expliquer…


Alduin me domine


  C’est alors que la créature se posa devant moi. Me dominant de toute sa taille, sa gueule béante demeurait juste au-dessus de ma tête, prête à faire feu.

 – Yol… YOL

  Il m’enveloppa de ses flammes ardentes… Je commençai à brûler.

 – Toor… ToR

  Je devins sérieusement blessée. Ainsi, la mort allait me prendre sur ses ailes pensais-je… C’est alors, qu’un mot me vint à l’esprit. Me sentant liée à la conscience du monstre, je ne pus m’empêcher de le lui transmettre.

 – Alduin ? ALDUIN


Alduin qui me parle


  Troublé, le Dragon stoppa net son jet de flammes, épargnant ma vie alors que j’étais à sa merci. Le lien mystique qui nous unissait fit que je pus lire ses pensées :


Nid, daar Fahliil nis kos wruth kiir.
Di kiirre fen alok.
Zu’u lost daal.
Nuz zu’u nis krii daar vahdin revak…


NID DaR FbLiL NIS KOS WRUTH KiR

DI KIjRE FEN ALOK

Zu LOST DaL

NUZ Zu NIS KRi DaR VbDIN REVAK


  Grâce au lien télépathique, mon cœur put comprendre ce que ce Dragon pensait de moi :


Non, cette Elfe ne peut pas être mon enfant.
La Fille du Destin s’éveille.
Je suis de retour.
Mais je n’arrive pas tuer cette vierge sacrée…


Alduin qui m'épargne


  Ainsi, Alduin serait son nom et je serai liée à lui, ce qui expliquerait pourquoi il n’aurait pas osé m’achever…


  L’imposant Dragon se détourna sur ma droite, allant s’en prendre aux Mages de Guerre qui le chatouillaient avec leurs boules de feu. C’est alors Hadvar me rappela à la réalité :

 – Ça alors ! Ce monstre ne vous as pas tué ? C’est un miracle que vous soyez encore en vie. Maintenant, suivez-moi !


  Une cinquantaine de mètres plus loin, j’eus le plaisir de retrouver Ralof, armé d’une hache et prêt à combattre, mais Hadvar ne fut pas du même avis :

 – Ralof, espèce de traître ! Hors de mon chemin !

 – On s’enfuit Hadvar, et vous ne nous arrêterez pas, cette fois ! lança-t-il sur un ton de défi.

 – Très bien. J’espère que ce Dragon vous enverra tous à Sovngarde !


Hadvar et Ralof se provoquent


  Après cet échange hostile, Hadvar continua son chemin, en quête d’un abri. De son côté, Ralof fut heureux de me revoir :

 – Par tous les Dieux… Ce Dragon vient de t’épargner ! Comment est-ce possible ? Mais ce n’est pas le moment de traîner ! Entrons dans ce Donjon : je sais qu’il y a un chemin qui nous permettra de quitter cette ville maudite ! Une fois à l’intérieur, je te libérerai de tes liens.

 – J’acquiesçai. Sans perdre une seconde, je pénétrai à l’intérieur aussitôt qu’il m’eut ouvert la porte du bâtiment.



  Le Donjon d’Helgen


  Nous voilà hors d’atteinte ! J’en fus soulagée, tout comme Ralof :

 – Aucun doute, cette chose était un Dragon : un héraut de la fin des temps tel qu’ils sont décrits dans les contes et légendes pour enfants…

  Il en profita pour défaire mes liens.

 – Tu es maintenant libre Fëalóciel. Est-ce que ça va pour tes brûlures ? Elles ne se sont pas guéries toutes seules depuis que le Dragon t’a attaqué. Malheureusement, je n’ai pas de potion.

 – Ce n’est pas grave : je vais me soigner moi-même.

  Levant mes deux bras, je clamai :

 – Estónë !

  Une lueur enveloppa mon corps, cicatrisant toutes mes brûlures en seulement quelques secondes.

 – Waouh ! Les Elfes m’impressionneront toujours avec leur magie !

 – J’en suis moi-même étonnée. Hier, ma Magicka était comme bridée… Aujourd’hui, je la sens libérée. Le coût en Mana fut deux fois moindre que ce que je ne l’aurai pensé… J’imagine que c’était dû au rituel d’hier et à un rêve que j’ai fait cette nuit : le Dieu du Temps me serait apparu, me faisant le Don de la Connaissance d’Akatosh. Je souhaite en avoir le cœur net. Velcar !

  Un feu jaillit de mes deux mains avec une facilité déconcertante. Oui, ce présent divin était bien réel !


Le Don de la Connaissance d'Akatosh


 – Serait-ce la raison pour laquelle le Dragon t’aurait épargnée tout à l’heure ? Cependant, sache que si ta bénédiction est bien réelle, les Dieux n’accordent pas leur faveur sans contrepartie. Tu dois sûrement avoir une lourde destinée sur tes épaules et tes adversaires ne te feront aucune pitié. D’ailleurs, en parlant d’ennemis, tu ferais mieux de t’équiper : des Impériaux rôdent sûrement dans ce donjon.


  Il me montra le cadavre de Gunjar, un ami Sombrage qui gisait là. Sans perdre de temps, je pris sa hache et son armure.

 – Sais-tu comment utiliser cette arme ?

 – Très peu : je n’ai jamais eu l’occasion de combattre. Ma mère m’avait juste fait quelques entraînements de base.

 – Voyons voir… Fais quelques moulinets avec…

  Je fendis l’air avec ma hache pour voir.

 – Pas mal… Tu as un grand potentiel Fëalóciel. N’oublie pas : lorsque tu vois un ennemi, frappe vite et bien s’il ne se défend pas. Sinon, cogne-le de toutes des forces. Les dégâts que tu infligeras dépendront de ta force, de ta vitesse et de ton agilité.

 – Merci de tes conseils Ralof.


  Une porte s’ouvrit au loin.

 – Chut !! J’entends quelqu’un arriver ! Cachons-nous !

  Je m’accroupis. Deux personnes approchaient… Pour l’une d’entre elle, je reconnus la voix de la Capitaine Impériale : celle qui m’avait tant rabaissée et humiliée ! La rage bouillait en moi ! Je voulais la tuer !

 – Du calme… me glissa Ralof à l’oreille. On attaque dès qu’ils ouvriront cette porte.


  La herse fut levée…

 – Maintenant !

  Ralof se rua sur sa première victime : un simple soldat impérial. Sa capitaine lui prêta main forte, infligeant un coup à mon ami. Celui-ci répliqua :

 – Ugh ! C’est tout ? Vous n’avez pas mieux !


  C’est alors que je libérai la rage en moi. Attaquant la Capitaine par le côté, je déchaînais toutes mes forces !

 – Yaa !!

  Je fus rapidement à bout de souffle, m’obligeant à m’arrêter cinq secondes.

  Puis elle se tourna vers moi.

 – Sale Elfe, je vais t’apprendre à respecter la puissance impériale ! Yahh !

  Elle m’asséna un coup d’épée, ce qui m’ôta la moitié de la vie. Ralof et Akatosh avaient raison : mes ennemis ne me feront aucune pitié et il me faudra faire preuve de tactique pour les vaincre ! Attaquons par le feu donc !

 – Velcar !

  Mes flammes touchèrent à la fois l’Impériale et son soldat !

 – Non ! Encore du feu ! J’en ai eu ma dose avec ce Dragon !


Vengeance sur la Capitaine Impériale


  La voyant mal en point, je sortis ma hache et l’accabla de rapides coups pour l’achever ! Elle s’écroula. Je venais de tuer mon premier ennemi dans un vrai combat équitable. De son côté, Ralof acheva le dernier légionnaire.


 – Beau travail ! Je vois que tu sais te battre finalement.

 – Oui, mais je n’aurai pas pu survivre à plus de trois coups… J’ai eu de la chance qu’elle ait préféré t’attaquer toi que moi. Estónë !


  Pendant que je me soignais, Ralof inspecta la pièce.

 – Il semblerait que cette porte soit fermée. La Capitaine doit avoir la clé. Fouillons-la.

  Je m’enquis de sa requête. En effet, elle avait bien et bel la clé. Au passage, je pris son armure et son épée, de bien meilleure qualité que le barda Sombrage… L’idée de porter l’équipement de mon ennemie était amusante.


Fëalóciel en Armure de la Capitaine Impériale


 – Maintenant, allons-y !


  Tandis que nous franchisâmes la porte pour s’enfoncer un peu plus dans ce donjon, Ralof me fit un constat :

 – Certains de nos amis au Fort du Trône Sanglant ont survécu, j’en suis assuré. Par conséquent, nous devrions en croiser quelques-uns. En effet, lorsque les Sombrages ont compris que notre Jarl allait être exécuté à Helgen, ils se sont probablement hâtés d’investir ce donjon pour tenter de le sauver.

 – Cela expliquerait pourquoi le Général a fait fermer les portes du village et a hâté l’exécution.

 – En effet.


  Après avoir descendu un escalier en colimaçon, le plafond s’effondra devant nous !

 – Maudit Dragon ! Il n’abandonnera donc jamais ! Entrons dans cette réserve ! C’est le seul chemin possible.


  Alors que nous franchîmes la porte, nous entendîmes deux Soldats Impériaux s’empresser de faire des provisions. Trop tard pour l’approche discrète, il nous fallait charger !

 – Velcar !

 – Attention Fëalóciel, ne me vise pas !

 – Désolée !

  Ainsi, j’enchaînais à l’épée. Face à la grande expérience de Ralof, les deux soldats trépassèrent rapidement.


 – Fouillons cette réserve. Il doit sûrement y avoir des potions !

  Je m’empressai de faire cela. En plus d’une douzaine de remèdes, je fis le plein de nourriture et de vin.

 – Pas le temps de manger pour l’instant. Il faut continuer.


  Quelques dizaines de mètres plus loin grondait le fracas d’un combat ! Vite ! Une fois l’escalier dévalé, je vis devant moi une salle de torture ! Quelle horreur ! Un tortionnaire adepte de la foudre et son assistant étaient aux prises avec deux soldats sombrages.

  – Allons leur prêter main forte !


  Je me jetai sur le Tortionnaire, épée brandie. Mon ennemi incanta :

  – Tinwi !

  L’électricité me frappa, me vidant de mon énergie vitale ! Je ne savais pas que j’étais aussi vulnérable face à la magie. Alors que ma santé devint critique, le tortionnaire – épuisé par ses précédents adversaires – fut à court de Mana. J’en profitai pour me guérir en toute hâte !!

 – Estónë !

  Étant un Impérial, sa Magicka ne se régénérait pas aussi vite que la mienne. J’enchainai donc sans tarder !

 – Velcar !

 – Aghh !

  Une fois bien brûlé, il tâta de ma lame impériale. Je l’achevai royalement en lui transperçant le ventre.


La Salle de Torture


  De leur côté, Ralof et les deux Sombrages – toujours debout – en firent de même avec l’assistant du tortionnaire.

 – Une salle de torture ! Ces Impériaux sont des monstres ! Paix aux Sombrages qui ont souffert en ce lieu…

 – Heureux de vous revoir Ralof ! répondit un soldat sombrage. Après que vous ayez été embarqués pour Helgen, nous nous sommes précipités dans ce donjon afin de venir vous sauver. Je constate cependant que vous avez finalement réussi à vous échapper sans notre aide. Le Jarl est-il avec vous ?

 – Non… Mais s’en sortira, ne vous en faites pas.

 – C’était quoi ces hurlements dehors ? Même les Impériaux d’ici sont affolés. Il se passe quelque chose ?

 – C’est une longue histoire… Je vous raconterai cela dès que nous serons sortis…



  Pendant que je ramassai du butin, je tombai sur un ouvrage nommé Le Livre de l’Enfant de Dragon. Je ne pus m’empêcher de le feuilleter. L’auteur – un membre de l’Ordre de Talos – raconta que tous les Empereurs de Tamriel avaient reçu un don d’Akatosh qui les élevait au rang de Fils de Dragon. Au-delà de leur sang royal, ce statut leur octroyait un pouvoir caché en lien avec les Dragons. Mais cette magie draconique, n’ayant plus été utilisée depuis six siècles (le dernier à en avoir fait usage étant Tiber Septim), s’était perdue avec le temps…

  Je me reconnus dans ce livre : Akatosh lui-même m’est apparu et m’a bénie. De plus, un lien m’avait uni au Dragon d’Helgen… Serais-je vraiment une Fille de Dragon ?


  Ralof me rappela à la réalité :

 – Fëalóciel. J’ai trouvé quelque chose d’intéressant dans cette cage. Peut-être pourrais-tu l’ouvrir avec ces tiges métalliques ?

  Il me passa une demi-douzaine de crochets. Ma mère m’ayant raconté les exploits de mon père au sein de la Guilde des Voleurs, j’avais donc quelques rudiments en Crochetage… Ce cadenas sera très facile : il n’y avait qu’une seule gorge… La chance fut avec moi : je réussis du premier coup !

 – Bravo. Vu que tu sembles aimer la magie, je pense que les affaires de cette dépouille tourmentée te seront très utiles.

  En effet : ce Mage mort possédait un peu d’or, deux potions, une robe de magicien de Novice (que j’enfilai sans hésiter) ainsi qu’un sort d’Étincelles, celui que le Tortionnaire avait utilisé contre moi. Ouvrir ce grimoire me permit d’apprendre l’incantation.

 – Très bien. Maintenant, continuons.


  Nous passâmes à côté de quatre cellules puis dans une salle où étaient accrochées quatre cages au plafond. Toutes contenaient des dépouilles de Sombrages. Au-delà, le souterrain devenait une grotte légèrement aménagée.

 – Voici le passage secret connu des Sombrages dont je te parlai tout à l’heure. C’est ici qu’ils ont pénétré pour nous rejoindre.

  L’un des deux soldats l’avertit :

 – Ralof : attention. Nous n’avons pas tué tous les Impériaux lors de notre passage.

 – D’accord… Allons y discrètement alors.


  En effet, nous entendîmes cinq Impériaux en alerte au fond du couloir.

 – Ils nous ont repéré… Chargeons !


  Ce fut la mêlée. Sur un petit pont, Ralof envoya valser un soldat ennemi, le tuant sur le coup. De mon côté, j’enflammais tout le monde, tout en distribuant des coups d’épée.


 – Satané archers ! Allons les tuer ! jura Ralof.

  En effet, deux Archers Impériaux nous canardaient du fond de la cavité. Je fonçai la première sur eux. Pris de peur, le premier ennemi tomba à terre au moment où je le chargeai… Ralof l’acheva. Pendant ce temps, l’un des deux Soldats Sombrages – opposé à l’autre archer – était à terre.

 – Vite, aidez-moi !

  Suite à un signe de tête, Ralof et moi sautâmes en même temps sur le pauvre Impérial, sauvant ainsi la vie de notre allié.

 – Merci !

  Ralof lui administra une potion. Le Sombrage le glorifia :

 – Loué soit Talos ! Votre venue fut salutaire.

 – Ce qui compte, c’est qu’ils soient tous morts. Était-ce les derniers ?

 – Oui. Au-delà du pont-levis, nous n’avons vu personne. Cette cavité était la dernière position des Impériaux.

 – Très bien. Dans ce cas, surveillez cet endroit : le Jarl Ulfric ne devrait pas tarder à arriver. Une fois qu’il sera là, vous le protégerez et le conduirez à un endroit où il sera en sécurité.

 – À vos ordres Ralof.

  Il se tourna ensuite vers moi.

 – Continuons Elfe…


  Il abaissa le pont-levis qui menait à la partie naturelle de la grotte. Une fois franchi, nous entendîmes un cri du Dragon, suivi d’un éboulement qui détruisit le pont.

 – Impossible de retourner en arrière. Ceci dit, ça restera encore praticable pour ceux qui voudront aller dans notre direction : le Jarl pourra donc encore sortir. Ne nous inquiétons pas pour eux et avançons...


Grotte d'Helgen


  S’enfonçant dans la caverne, je pus admirer les cours d’eau serpentant à travers les rochers. Sur le chemin, je trouvais deux squelettes avec quelques pièces d’or. Sûrement des aventuriers imprudents.


Les Givrépeires d'Helgen


  Arrivant dans une grande cavité, je découvris avec horreur quatre Givrépeires, des araignées géantes hantant les grottes. Une idée me vînt à l’esprit :

 – Tuormë !

  L’une des araignées fut affectée par mon sort de Furie, la forçant ainsi à attaquer l’un de ses congénères. Mais il en restait encore deux qui s’approchaient dangereusement de moi…

 – Velcar !

  Craignant le feu, l’une d’entre elle se mit à me fuir… Mais l’autre me menaça sérieusement, m’empoisonnant avec ses sécrétions gluantes…

 – Ralof, aide-moi !

  Poussant un cri de guerre, le Nordique fendit sa hache sur la tête du monstre. Les trois autres – sérieusement affaiblis par mes sorts – furent vite expédiés de vie à trépas.

 – J’admire ton courage, mais attention à ne pas trop être téméraire. Continuons.

 – Oui, oui lui répondis-je pendant que je dépouillais les araignées de leurs poches de venin.


  Retrouvant le ruisseau de tout à l’heure, Ralof reconnut les restes d’un feu de camp fait par d’anciens aventuriers.

 – La sortie n’est pas loin. Faisons une petite pause. L’après-midi doit toucher à sa fin, et je n’ai rien mangé depuis ce matin…

  Ce repas fut salutaire, car j’avais faim moi aussi. Nous bûmes et mangeâmes une partie de ce que nous avions pris dans le garde-manger impérial, en l’occurrence vin, pain et pommes. Dix minutes plus tard, Ralof sonna l’heure du départ.

 – Allons-y. Je souhaite arriver à Rivebois avant la tombée de la nuit.


  Mais à peine avons-nous quitté le camp que je vis une ourse dormir sur notre chemin. Que faire ?

 – Nous pourrions passer discrètement… ou alors la tuer avec un arc. Tiens, en voici un.

  Il me passa l’arme ainsi qu’une douzaine de flèches. Pendant ce temps, Ralof m’expliqua les rudiments de la discrétion.

 – Vas-y… Accroupis-toi et approche-toi discrètement. Fais attention à où tu mets tes pieds.


Ourse d'Helgen


  Malheureusement, l’ourse se réveilla. Elle se leva et brailla.

 – Ne montre surtout pas que tu pas peur. C’est un animal, et elle n’attaquera que si elle se sent menacée. Recule doucement et cachons-nous derrière ce rocher, le temps qu’elle nous oublie.

  Les conseils de Ralof furent salutaires, car mon expérience en Discrétion augmenta.

 – Maintenant qu’elle s’est rendormie, approche-toi de nouveau et tire lui une flèche.


  Une fois à une vingtaine de mètres de la bête, je pris une flèche et la décocha. L’attaque furtive réussit !

 – Tire lui en une autre le temps qu’elle arrive.

  Je me dépêchai d’en prendre une autre. Mais le temps de bander l’arc, l’ourse était déjà sur moi. Ralof s’interposa, m’épargnant son coup de griffe.

 – Maintenant tire !

  À bout portant, je lui décochai ma flèche en plein dans la tête. La bête chancela, morte.

 – Bon, ne perdons pas de temps : quittons cette grotte. La sortie n’est pas loin.


  En effet, une trentaine de mètres plus loin, l’entrée de la grotte apparut. J’allai enfin revoir la lumière du soleil !


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